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Heureux, ils ont chanté la liberté au marché de Blesle

Émotion, force, joie, bonheur et bonne humeur… La langue française manque presque de mots pour décrire le concert de vendredi dernier sur le marché animé de Blesle, organisé par l’Association des producteurs et artisans du Pays de Blesle-Massiac.

Cinq jeunes hommes d’origine éthiopienne : Naji, Emran, Mustafa, Abdi, Amin, le chanteur principal, et Eric, qui les accompagnait pour l’occasion à la mandoline et au bouzouki.

 Chez nous, chanter, c’est risquer la prison.

C’est au Centre d’Accueil et d’Orientation de Saint Beauzire que les cinq artistes se sont rencontrés et ont eu ensemble l’envie de chanter.

Chez eux, à Jimma, en Ethiopie, leur peuple est marginalisé et colonisé par le pouvoir en place. Ce soir, ils reprennent des chants traditionnels de Shanan Gibe, un chanteur Oromo, contre la dictature et la corruption.

                                                                                 explique Imed Ammar, animateur au Centre d’Accueil.

Persécutés, ils ont fui leur pays en espérant trouver ailleurs la Paix et la Liberté qui leur manquaient.

On chante pour les droits de l’Homme et la Liberté du peuple Oromo. Quand j’ai vu la façon dont les bénévoles nous ont aidés à Saint Beauzire, j’ai eu le sentiment de chanter pour ma famille. A Jimma, chanter ce genre de musique peut nous conduire en prison.

                                                                                 explique le chanteur Amin dans sa langue natale, libre de chanter ce qu’il voulait. Pour la première fois, le jeune homme était accueilli et respecté.

Ce soir-là, à Blesle, c’est avec joie que les cinq jeunes gens ont interprété leur répertoire, aux paroles souvent improvisées sur place. « Ils s’éclatent ! », remarquaient les bénévoles du CAO qui les accompagnaient. En effet, la joie se lisait sur leurs visages dans un bonheur communicatif. Peut-être ressentaient-ils une certaine fierté aussi à chanter ici, en France, des chansons qui sont les leurs et de partager leur culture. Des textes à messages : Ils n’avaient finalement qu’un seul regret :

On est désolé que vous ne compreniez pas nos chants, mais on espère que les émotions, elles, parviennent à passer.

Mais c’était sans compter sur Imed, interprète d’un soir qui entre chaque morceau, traduisait le sens de leurs textes. Des messages forts et altruistes, emplis d’une notion de partage : »

Je vous tends la main. J’ai laissé ici un bout de mon coeur et je reviens le chercher pour le partager avec vous. Ecoute le battement de mon coeur.

Je m’adresse à toi, toi qui a tout, à manger et à boire…Parfois, pense à l’autre qui n’a rien. Je m’adresse à toi…