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Jean-Louis

Début novembre 2017, l’équipe de salariés du centre a vu arriver Jean-Louis, ancien horticulteur paysagiste. Il travaille en après-midi au CAO et en matinée pour la commune de St-Beauzire.

Bien plus qu’un agent d’entretien normal, ce nouveau salarié est vite devenu indispensable pour maintenir le centre en bon état. Il répare la structure et s’occupe des extérieurs. Il est aussi un lien social important pour les résidents qui lui donnent un coup de main avec enthousiasme. Des portes à repeindre et un groupe de 10 réfugiés arrive, pinceaux en main, toujours sous la direction de Jean-Louis. Il leur montre comment faire, comment réparer un vélo ou utiliser la tondeuse, mais avant tout, il les forme sur la sécurité. Cet apprentissage se fait dans les deux sens. Jean-Louis découvre aussi de nouvelles techniques au contact des réfugiés, comme la pose de carrelage.

Que lui apporte son travail au centre ?

Quand Jean-Louis a commencé au CAO, il a été surpris par l’accueil chaleureux et instantané que lui ont réservé les résidents. La « barrière » de la langue est vite tombée.

  On arrive toujours à communiquer

Il est rare de voir Jean-Louis travailler seul sur le site. Et souvent de bonnes rigolades s’ensuivent. Lors d’un déménagement, un jeune qui commençait à apprendre le français lui a dit « Je t’aime », une belle façon de lui faire comprendre que son amitié était acquise.

Au CAO, Jean-Louis a appris à ne pas juger les gens mais à les découvrir et à prendre le temps d’aller vers l’autre. Certains réfugiés mettent plus longtemps à s’intégrer mais ils surmontent leurs craintes et participent finalement aux tâches avec tellement de plaisir qu’ils en deviennent même demandeurs.

Comment allier son emploi avec la mairie de St-Beauzire et son engagement au centre ?

Tous les matins, Jean-Louis travaille pour la mairie de St- Beauzire. Parfois, pour l’aider dans ses tâches, il prend un réfugié comme stagiaire via la mission locale. Son dernier stagiaire, un jeune soudanais de 24 ans, a passé trois semaines avec lui. Cette aide est précieuse. La sécurité lors des travaux difficiles, qu’il aurait dû effectuer seul, est améliorée. L’élagage des arbres en bord de route avec la régularisation de la circulation routière sur la zone de travaux se fait plus facilement à deux. Et puis, le travail est toujours plus agréable avec de la compagnie. Les deux parties y trouvent leur compte. Les tâches peuvent être séparées car les stagiaires apprennent l’autonomie tout en découvrant le monde du travail. Les réfugiés changent de statut aux yeux des résidents de la commune. Il n’est pas rare qu’un chasseur ou un agriculteur s’arrête pour discuter avec notre paire de travailleurs. Les réfugiés peuvent enfin retrouver leur statut de travailleur.

Tourné vers le futur …

Le centre est grand. Jean-Louis a du travail pour le maintenir en état et améliorer le cadre de vie des réfugiés ainsi que le lieu de travail des autres salariés. Les allées vont être refaites, des fleurs seront plantées. Il faut aussi déboiser une partie du site qui s’étend sur près d’un hectare.

Il souhaiterait récupérer plus d’outils, de plantes, de vélos et tout le nécessaire pour apprendre à bricoler tous ensemble … En attendant, il fait toujours de son mieux pour le centre et ses résidents.